Policultures
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Mort, à deux jours d’écart, de deux cinéastes suisses de la même génération, celle qui a commencé à tourner autour de 1960 : Alain Tanner et Jean-Luc Godard. La mort du second a fait plus de bruit que celle du premier, à qui on doit pourtant deux chefs-d’œuvre, La salamandre et Dans la ville blanche, et dont aucun film ne laisse indifférent. Alain Tanner faisait un cinéma libre, impertinent, nonchalant et chaleureux. Et inventif, aussi. Il disait qu’il avait « traversé ce qui fut probablement la période (...)
Quand on quitte l’exposition que le musée d’Orsay consacre à Edvard Munch, on a envie qu’il fasse grand soleil et on rêve de rencontrer des visages épanouis dans les allées du jardin des Tuileries. C’est que Munch n’est pas de tout repos, et qu’il nous livre une humanité désespérée et désespérante. Or, il a pour le faire les ressources de son incomparable génie, qui nous atteint en plein cœur. Lui-même parlait d’un « pinceau brûlant ». Il a aussi écrit que « tout art doit être produit avec notre cœur (...)


Les Journées du patrimoine donnent à l’infatigable Jack Lang l’occasion de pousser ce qu’il appelle lui-même « un coup de gueule » et d’appeler à une mobilisation pour la beauté. A quoi bon, écrit-il dans un texte rageur, célébrer le patrimoine si on laisse villes et villages s’enlaidir « par un urbanisme sauvage, sans âme » ? Et l’ancien ministre de la culture d’appeler à « un grand sursaut national » et, de la part de l’Etat, à « une puissante politique de la beauté ». La beauté a eu, longtemps, et notamment du temps où Jack Lang était ministre, très mauvaise presse. C’était, disait-on, une notion trop subjective pour avoir la moindre valeur. Une grande exposition à Avignon faisait son procès et la condamnait sans appel. On la sentait frémir, pourtant, comme si elle ne se résignait pas à abdiquer. C’est qu’elle avait encore ses fidèles, qui tenaient bon, réfugiés souvent dans la défense des paysages. Le paysage (...)


Cet été 2022 est celui d’un brutal rappel à l’ordre : le mal qu’on fait à notre habitat n’est pas anodin, et toutes les politiques, tous les comportements devraient en être changés. C’est déjà ce qu’on s’était dit au plus fort de la pandémie du covid, et le regain important du tourisme constaté en ces mois de juillet et août laisse penser que nous ne voulons pas changer. Et pourtant, il faut regarder de plus près. En même temps que le retour massif des touristes est revenue la question qui se posait avec acuité « avant », celle du « surtourisme ». On nous rapporte qu’Etretat n’en peut plus d’être submergée par un flot excessif, que les sentiers de randonnée sont menacés par trop de piétinements ; les calanques marseillaises imposent des quotas de fréquentation, Venise se protège par des taxes, les îles grecques sont devenues trop chères pour les Grecs, le transport aérien retrouve des niveaux qu’on jugeait (...)
COULANGEON Philippe, Culture de masse et société de classes. Le goût de l’altérité, Paris, PUF, 2021, 369 pages, 20 Euros. Le sociologue Philippe Coulangeon, dont les recherches portent sur la démocratisation de la culture et de l’éducation, livre une solide réflexion sur les évolutions récentes des (...)