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POUR UNE TELEVISION DE SERVICE PUBLIC

PAR philippe1941
mardi 25 juillet 2017

On rêve d’une télévision de service public. C’est quoi, une télévision de service public ? C’est une télévision qui, par exemple, déciderait de rendre hommage à un grand acteur quand celui-ci vient de mourir. Mais ce qui fait en France office de télévision de service public n’a pas daigné y penser après la disparition de Claude Rich. Elle a fini par réagir en réponse à une pétition. Elle a donc, en traînant la savate, fini par programmer deux films, l’un sur FR3, mais quand même pas en « prime time » (faut pas exagérer !), le second sur France 5, qui a trouvé une case autour du 15 août. France 2, bien entendu, ne prend pas le risque d’une baisse de son audimat. On suppose que la direction de France télévision doit trouver le subtil Claude Rich pas assez lourd pour ses niais de spectateurs.

On se souvient de temps où le cinéma avait droit de cité à la télévision publique. Le cinéma, c’est-à-dire pas les grosses machines commerciales qui font les délices des grands réseaux et de la Cour des comptes, qui juge la qualité d’un film d’après le nombre des entrées. Ces temps sont anciens. Une télévision de service public n’hésiterait pas à diffuser des films d’auteurs à des heures de grande écoute. Elle mettrait un point d’honneur à défendre la qualité et la diversité. Elle aurait, imposé par une tutelle moins distraite ou moins complaisante, à se poser en modèle culturel.

On en paraît toujours bien loin. De plus en plus loin peut-être, à mesure que s’installe de plus en plus solidement le modèle dominant dans l’univers culturel, c’est-à-dire le pouvoir de l’argent, concomitant de l’éloignement de l’Etat. On n’a pas vu ce dernier réagir au coup de gueule de Jack Lang contre la venue à Paris du festival Lollapalooza, grosse machine multinationale du spectacle, menace contre la diversité. Ce festival n’est évidemment qu’un point caricatural du système qui impose son environnement, ses codes et ses intérêts. Qui sait si l’Etat, au fond, ne trouve pas tout ça très normal ? Peut-on s’opposer à la réussite commerciale, la plus belle ?

Philippe Pujas