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PETITESSE

PAR Philippe Pujas
mardi 13 février 2018

Pénélope Komitès connaît son heure de gloire. Chacun a l’heure de gloire qu’il peut. Elle, elle l’a pour se féliciter d’avoir refusé une sépulture parisienne à Michel Déon au nom de l’égalité républicaine et de la Déclaration des droits de l’homme.

Michel Déon, écrivain, membre de l’Académie française, avait délaissé Paris pour la Grèce, puis l’Irlande où il est mort. Mais sa famille souhaitait lui donner une sépulture à Paris. Impossible, dit notre amie Pénélope, applaudie par Anne Hidalgo : la loi est la même pour tout le monde, et, le mort n’ayant plus d’attaches directes avec Paris, la loi l’empêche. Ce qui est faux, comme le rappelle un article solidement argumenté du Monde.

On doit donc chercher ailleurs, et ce ne peut être que du côté des idées de Michel Déon. Michel Déon fut, à vingt ans, secrétaire de Maurras. Il fut, ensuite, l’un de ces turbulents « hussards » qui animèrent la vie littéraire d’après-guerre. Il est au bout du compte l’auteur de quelques livres bien sages dont certains connurent le succès, comme Un taxi mauve. Il fut consacré par l’Académie française, et n’avait pas besoin de cette consécration pour être reconnu comme une des bonnes plumes françaises de sa génération.

Mardi matin, ce 13 février, avait lieu la conférence de presse préalable au prochain salon du livre de Paris. Elle se tenait à l’Hôtel de Lauzun, qui appartient à la Ville de Paris. Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de la capitale, y a souligné l’amour de la Ville pour le livre et les écrivains. Et voilà qu’en sortant de la conférence de presse, on apprend que la haine idéologique poursuit un écrivain jusqu’au refus de l’hospitalité posthume. Triste ironie… Oublions Madame Komitès, qui ne compte sans doute pas beaucoup dans cette affaire, et qui ne se signale que par ses propos grotesques. Mais que dire de la maire de Paris, sinon que cette décision ne la grandit pas ?

Philippe Pujas