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LA CULTURE EN DEBAT

PAR Philippe Pujas
lundi 4 février 2019

En présentant le 31 janvier ses vœux aux professionnels de la culture, le ministre de la culture a exhorté ceux-ci à participer au "Grand débat". C’est que, affirme-t-il, « la culture peut renouer le lien qui s’est défait, réparer ce qui a été abîmé, reconstruire ce qui nous semble brisé ». C’est hélas trop prêter à la culture, quand la fracture sociale est trop béante et que les esprits sont ailleurs. La culture a largement apporté sa contribution à l’aménagement du territoire, et les « professionnels de la culture » y ont donc largement contribué. Aujourd’hui, on voit bien que les urgences sont ailleurs que dans ce travail de fond engagé depuis longtemps, et que du reste les coupes claires dans le financement des emplois aidés a affaibli. Et il est moins question de ce que peuvent apporter au grand débat les « professionnels de la culture » dans leur diversité que de la voix que peuvent faire entendre des artistes dans la crise actuelle. On a entendu des artistes prendre parti, avec leur langage, dans des thèmes d’actualité touchant à la défense des droits de l’homme ; ce fut et cela reste le cas pour les migrants. Si on doit les attendre aujourd’hui dans le grand débat – du moins ceux qui se sentent en situation et en besoin de le faire – c’est sur deux sujets majeurs : l’injustice sociale et les libertés publiques. A l’heure où la plus haute autorité administrative s’érige en expert du maintien de l’ordre, où l’Assemblée nationale vote une loi que beaucoup de spécialistes jugent liberticide, où des procureurs s’en prennent au secret des sources des journalistes, l’art peut-il être une des formes de l’expression de la protestation ? Prenons l’exhortation du ministre pour un encouragement …

Philippe Pujas