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LE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE DIJON COMMENCE SA NOUVELLE VIE

lundi 13 mai 2019

Le musée des beaux-arts de Dijon réouvre le 17 mai après dix ans de travaux, mais seulement quelques semaines de fermeture complète. Situé dans un des lieux les plus prestigieux de la ville (qui n’en manque pas), le Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne, il est l’un des derniers atteints par la vague de rénovation des musées qui a touché la France à partir des années 80, sous l’impulsion d’un ministère de la culture alors plein d’ambition. Cette rénovation était au programme de François Rebsamen, élu maire en 2001. Elle a été confiée à l’architecte Robert Lion, avec le concours de Eric Paillot, architecte en chef des monuments historiques.

Les travaux ont été réalisés en deux phases. La première phase, inaugurée en 2013, a exposé spectaculairement les problèmes qui se posaient : intervenir aussi discrètement que possible sur le monument, adapter le parcours des collections à ses divers temps historiques, et aussi, nécessairement, intégrer les commodités nouvelles indispensables, comme des ascenseurs. Cela s’est fait par la surélévation d’un des bâtiments, qui fut alors vivement discutée à cause du toit dont Robert Lion l’a doté, un toit en aluminium et cuivre, doré comme un rappel des toits bourguignons. Comme il se devait, ce parti fort mais intelligent et élégant n’a pas fait l’unanimité. Il anime pourtant et éclaire la cour autour de laquelle se déploie le musée, devenue place publique attirant la ville. En outre, il apporte sa touche XXIè siècle dans un monument qui n’a cessé d’être enrichi par la succession des siècles. Il est devenu l’un des signaux du musée. Pour le reste, le parti était de s’effacer derrière le monument et d’associer les collections, dans un ordre chronologique, aux parties du musée qui les accueille : les très riches collections médiévales dans les salles les plus anciennes, le 18è siècle dans l’aile construite entre 1782 et 1787 et qui alors abrita l’un des premiers musées des beaux-arts de France, associé à une école de dessin.

La rénovation du musée est aussi un acte d’urbanisme. Elle a mieux associé le musée à la ville, l’intégrant dans le programme de piétonisation du centre, réouvrant des fenêtres, faisant de sa cour un lieu de passage urbain et de convivialité, déplaçant son entrée vers une place rénovée, la place de la Sainte-Chapelle. La rénovation a coûté 60 millions d’euros ( Ville de Dijon 25,7 millions, Dijon Métropole 8,3 millions, Etat 16,6 millions, Région Bourgogne Franche-Comté 8,4)

Sur les 130 000 œuvres conservées dans les collections du musée, plus de 1500 seront exposées, certaines par roulement. Les œuvres les plus emblématiques du musée sont les tombeaux des ducs de Bourgogne, avec leurs célèbres suites de pleurants. Mais il compte aussi d’autres œuvres très remarquables et renommées : une belle collection Moyen-Âge et Renaissance (dont la Dame à sa toilette de l’Ecole de Fontainebleau), Veronese… Le souffleur à la lampe de Philippe de Champaigne. La fermeture du musée avait donné au musée l’opportunité de faire voyager les Pleurants dans le monde, où ils ont été vus en trois ans par 750 000 personnes.

A l’occasion de la réouverture, le musée présente une exposition du peintre qu’on peut qualifier de sino-bourguignon, Yan Pei Ming, né en Chine mais installé près de Dijon où il a fait ses études d’art. Sa région d’adoption rend du reste un double hommage à l’artiste, premier résident à Ornans de l’atelier Courbet restauré et qui exposera les œuvres qu’il y aura réalisées à partir du 10 juin au musée Courbet de la ville.

L’accès aux collections permanentes du musée est gratuit.

Illustr. en-tête : Anonyme de l’École de Fontainebleau Dame à sa toilette, fin du XVIe siècle Huile sur toile H. 105 cm ; L. 76 cm

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