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REMANIEMENT

PAR Philippe Pujas
mercredi 24 juin 2020

Alors que les supputations foisonnent sur le futur remaniement ministériel, une des questions soulevées étonne : va-t-on garder le ministre de la culture ? Poser cette question, en effet, c’est supposer que le ministre de la culture existe. Or, si on entend par ministre de la culture une personnalité capable d’élaborer et de promouvoir une politique culturelle, il ne peut échapper à personne que ce ministre-là n’existe pas à l’adresse où on l’attend, rue de Valois à Paris. Celui qui en fait office, on l’a vu mouiller sa chemise dans un show télévisé, et il demeure Palais de l’Elysée, également à Paris. Bien que situé, semble-t-il, au cœur du pouvoir, il n’a pas jusqu’à maintenant fait grand-chose. Il ne répond pas aux critères attendus.

Avant la crise sanitaire, on mettait à son actif ses deux promesses électorales : l’élargissement des heures d’ouverture des bibliothèques, vieux serpent de mer dont il n’a pas beaucoup perturbé le sommeil, et un « pass culture » pour les jeunes dont le début de mise en œuvre s’est traduit par un début de fiasco. Depuis la crise sanitaire, alors qu’à peu près tous les secteurs de la vie économique ont fait l’objet de plans de soutien, un seul, si on excepte quelques mesures ponctuelles, semble avoir été oublié : la culture. Les professionnels ont beau, depuis des semaines, tirer des sonnettes d’alarme angoissées, rien n’y fait, aucun regard d’ensemble sur les enjeux du secteur n’a été porté, aucune amorce de plan stratégique sur un ébranlement majeur et les perspectives qui s’ouvrent n’est avancée. Tout se passe comme si le Président-ministre ne prenait pas au sérieux une partie essentielle de la société française. Un texte signé par un nombre important de structures culturelles associatives assure pourtant, ce 24 juin, que « une structure culturelle sur deux est en danger de mort ».

Alors, changer de ministre ? Oui, bien sûr, mais à deux conditions :

Que le Président-ministre prenne conscience de son incompétence dans ce domaine

Que la rue de Valois soit confiée à quelqu’un pour qui la vie, sa propre vie, est depuis longtemps impensable sans un dialogue quotidien avec l’art.

Philippe Pujas