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AUDIOVISUEL : LE DESASTREUX ET LE MAUVAIS

mercredi 20 avril 2022

Avant le second tour de l’élection présidentielle, les professions culturelles se sont largement mobilisées, non pas pour Emmanuel Macron, mais contre Marine Le Pen. Quoiqu’il en dise, le président sortant n’a pas convaincu pendant son premier mandat, et son programme pour les cinq années à venir paraît encore léger, même si on peut lui faire le crédit de son engagement européen, qui a obtenu des résultats qui ne demandent qu’à être prolongés. Mais c’est évidemment la perspective de voir l’extrême-droite accéder au pouvoir qui inquiète.

Un dossier semble résumer la situation : celui de l’audiovisuel public. On a le triste choix entre le désastreux et le mauvais. Marine Le Pen promet la privatisation pure et simple de tout l’audiovisuel public. Emmanuel Macron annonce seulement la suppression de la « redevance » qui est le socle de son financement, promettant des crédits budgétaires annuels sans réflexion sérieuse sur ce qui peut être attendu d’un audiovisuel public. Parmi ceux qui s’en inquiètent, la « Coalition française pour la diversité culturelle » assure qu’elle « s’alarme ». Elle juge important de « rappeler fermement que l’avenir d’un audiovisuel public libre, dont le financement doit garantir l’indépendance et l’exigence, est un enjeu à la fois culturel, démocratique et républicain de première importance. » Et elle appelle Emmanuel Macron à s’engager sur un financement spécifique et pérenne.

C’est capital pour le service public de l’audiovisuel. C’est capital, plus largement, pour ce qu’on attend de la culture, et d’une action de la puissance publique dans ce domaine. Le service public de l’audiovisuel n’est pas sans reproches. Mais, justement, ce qu’on peut lui reprocher est d’avoir parfois trop composé avec le marché. On pourrait faire le même reproche à l’action publique dans les musées. Faire revivre l’esprit de l’intérêt public dans l’action de l’Etat pour la culture devrait être l’un des chantiers des prochaines années. Pas sûr qu’on en prenne le chemin.

Philippe Pujas