Avignon, ses deux marchés : les fruits et légumes toute l’année, le théâtre en juillet.
Du second, on aurait pu croire, il y a quelques années, plus précisément en 2003, qu’il avait du plomb dans l’aile. Il n’en a rien été : il est plus florissant que jamais. On a annoncé fièrement pour le marché 2010 plus de mille produits proposés à 4000 acheteurs professionnels.
Avignon a aussi en juillet son marché des produits dérivés : la masse impressionnante des débats, rencontres sur le théâtre, les politiques culturelles, l’Europe, l’état des choses, etc.
Ainsi va le monde là-bas que le festival off reste le grand marché du théâtre en France, que rien encore ne l’a remplacé, et que chacun y vient avec son lot d’espoirs et de problèmes. Et que ce système ne soit pas satisfaisant , rien ne servira de le dire tant qu’un autre système, plus équilibré, ne sera pas parvenu à s’y substituer.
Paradoxe du festival ? il a une vitrine, le in, mais c’est le off qui le fait tenir. Il n’est plus le lieu des créations fortes ni de la démocratisation, mais on continue de venir à Avignon pour panacher spectacles et débats sur la démocratie culturelle. La force de l’habitude, le plaisir de la foire, le sentiment de participer à des moments de communion et d’échange, un avant-goût de vacances avec la satisfaction de se dire qu’on travaille ?
Philippe PUJAS