Ils étaient six candidats à la succession de Claude-Henry Cousseau pour diriger l’École nationale supérieure de beaux-arts de Paris. Des six, il y en avait un au moins qu’il fallait éliminer d’emblée. Pas seulement parce qu’il était chef de l’inspection des arts plastiques au ministère, et donc suspect de détenir la supériorité que donne, abusivement, le fait d’être dans la place. Le candidat avait, par ailleurs, un profil mal adapté à la situation. Commissaire d’exposition et non artiste, représentant parmi les plus éminents de l’académisme contemporain, il n’était plus en accord avec les sensibilités nouvelles qui se dégagent du carcan de cet académisme. Beaucoup de voix s’étaient élevées qui plaidaient pour la nomination d’un artiste.
Il fallait donc l’éliminer d’emblée, et pourtant c’est bien Nicolas Bourriaud que le ministre de la culture a choisi pour diriger l’ENSBA de Paris. Hélas sans surprise, même si on se refusait à envisager cette hypothèse. La liste des nominations contestables faites par ce gouvernement s’enrichit donc d’un nouveau nom.
Philippe PUJAS