Les principales associations d’élus se sont associées à la FNCC pour publier, à l’issue d’une journée de colloque à Avignon, le 16 juillet, un long communiqué qui mérite la plus grande attention.
Premier événement : l’engagement commun. Que les élus à la culture, généralement militants de la cause, disent l’importance des politiques culturelles locales, cela n’est pas neuf, et ils savent bien eux-mêmes qu’il leur est arrivé de plaider leur cause sans convaincre totalement leurs collègues. Là, ce sont toutes les associations généralistes qui le disent.
Il faut ensuite aller y regarder de plus près. Qu’est-ce qui justifie qu’on serre les rangs dans cette belle unanimité ? Le danger. Tous voient combien la crise des finances publiques, qui vient se surajouter à une réforme des collectivités territoriales plutôt mal perçue, fragilise le monde de l’art, celui des professionnels comme celui des amateurs et des militants associatifs. Ils réaffirment donc l’importance de ne pas céder sur ce terrain. Position cependant paradoxale : combien de conseils généraux ne nous disent-ils pas, chiffres à l’appui, qu’ils sont obligés de couper dans leurs dépenses culturelles ?
C’est donc bien une question éminemment politique qui est posée : comment, dans le climat actuel, ne pas sacrifier la culture ? comment au contraire en faire un ferment de développement individuel et collectif ? comment dégager les moyens ? avec quel État agir ? et comment, quand on est une collectivité territoriale dans cette situation de crise, gérer des rapports politiques et d’argent avec les artistes et les associations ? la Déclaration fait des collectivités territoriales des "créateurs" de politiques culturelles. Mot qui n’est pas neutre, et trahit potentiellement un choix : celui d’être très présent sur le terrain, au risque de nuire aux initiatives des artistes et de la "société civile". La faiblesse des budgets peut y pousser. Attention !
Philippe PUJAS