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INIMAGINABLE

PAR Philippe Pujas
mardi 29 juin 2010

Imaginez… imaginez une grande manifestation culturelle mobilisant des jeunes (de moins de trente ans) pour mettre en valeur leurs talents créatifs. Imaginez que tout cela se produise dans des monuments ou lieux forts de quelques villes françaises. Imaginez que vous appelez ça "Imaginez maintenant". Vous ’avez aucun mal à l’imaginer. Des idées comme celle-ci, vous en avez vu circuler des dizaines depuis déjà pas mal de temps, et nul effet de surprise ne peut vous prendre à contre-pied. C’est ce qu’on nous propose, du 1er au 4 juillet, à Amiens, Bordeaux, Basse-Terre, Grenoble, Lyon, Marseille, Metz, Paris, et Toulouse.

Imaginez maintenant qu’un certain nombre de partenaires soient associés à l’événement, mais que le ministère de la culture en soit absent. Inimaginable, direz-vous ? Eh bien non. Parce que tout s’est fait entre le Conseil de la création artistique, instance installée à l’Élysée, et le Haut Commissariat à la Jeunesse.

De quoi justifier, évidemment, les préventions de ceux qui dénonçaient la création de ce "Conseil" soupçonné de dévitaliser le rôle d’impulsion du ministère de la culture. Nous ne partagions pas totalement ces préventions. Après tout, que le Président de la République soit conseillé, et par une personnalité ayant fait ses preuves, Marin Karmitz, ne pouvait pas a priori être seulement négatif. La surprise et la déception viennent du peu d’imagination, précisément, de l’équipe réunie par le patron des MK2.

Au total, le Conseil n’aura apporté, jusqu’à maintenant, qu’un peu plus de confusion dans un paysage culturel qui avait besoin au contraire de rassembler les énergies et les pensées. Il affaiblit un ministère de la culture qui n’avait pas besoin de ce handicap supplémentaire, et ne facilite pas les relations entre la culture et un commissariat à la Jeunesse dont on attend encore une action en profondeur dans le domaine culturel.

On pourra lire dans notre rubrique "spectacle" la réaction du Syndeac à cet événement

Philippe PUJAS