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L’INSTITUT DU QUAI

PAR Philippe Pujas
vendredi 23 juillet 2010

Lors de la clôture des journées du réseau français à l’étranger, le 22 juillet, le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, se trouvait aux côtés du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. En quelle position ? La transformation des structures de l’action extérieure de la France, en effet, exclut statutairement le ministère de la culture du partage des responsabilités qu’il assumait jusqu’alors officiellement : c’est l’un des effets du passage de CulturesFrance à l’Institut de France.

CulturesFrance, héritière directe de l’AFAA (Association française d’action artistique) était placée sous la double tutelle des deux ministères. Double tutelle qui avait sa logique : s’agissant principalement de la promotion de la culture française, on concevait aisément que le ministère de la culture avait son mot à dire. Certes, le Quai d’Orsay était plus que majoritaire dans la co-tutelle exercée. Certes aussi, la loi prévoit que l’Institut français " exerce ses missions selon les orientations définies conjointement par le ministre des affaires étrangères et le ministre chargé de la culture". Mais il reste que le lien structurel est affaibli, et cela dans un contexte général de baisse de l’influence du ministère de la culture.

A la conférence de presse des deux ministres, Xavier Darcos, qui doit prendre la tête de l’ Institut ( on se souvient qu’il a été nommé avant même que le Parlement ait créé l’Institut…), a pris la parole. Interrogé sur les relations de l’Institut avec les organismes de la francophonie, il a répondu : "Je pense aussi qu’il était utile de ne pas trop exciper de la langue française en montant l’agence parce que, précisément, nous considérons que l’agence culturelle, l’Institut français doit dépasser la seule question de la langue. Cela en fait partie, il y aura au sein de l’Institut une direction de la Langue et du Français, mais si nous avions présenté l’Institut français d’emblée comme une sorte de croisade francophone, nous l’aurions affaibli. C’est donc pour cela que nous avons mis un peu de moderato sur cet aspect des choses sans pour autant oublier d’en faire une des directions de l’Institut." Cette manière de voir les choses n’est pas très encourageante…