12 mai : inauguration dans une grande débauche de louanges médiatiques du Centre Pompidou Metz. Le Centre Pompidou Metz, c’est un parangon de la décentralisation culturelle, un atout économique considérable pour la ville et sa région, une architecture belle et inventive sous son chapeau chinois, et pour couronner le tout une exposition inaugurale d’une qualité exceptionnelle sur un thème remarquable : qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?
Voilà qui impressionne. Mais qui impressionne surtout sur la qualité du traitement médiatique, où un sujet chasse l’autre, où on vient voir rapidement sans peser les enjeux, sans le moindre regard critique, avec des pratiques qui laissent perplexe, comme ces élogieuses quatre pages (enfin, trois et demi, le reste étant pris par une publicité pour le Centre Pompidou-Metz) du Monde. Ainsi, cette architecture est remarquable, sans discussion possible ? L’idée d’implanter la marque Pompidou à Metz ne se discute pas ?
Anecdotique ? Non. Révélateur. Comme l’est la manière dont sont traitées maintenant par les media, spécialisés ou non, les grandes expositions nationales. Quand on édite un hors série sur l’exposition, va-t-on la démolir, ou simplement dire qu’elle est décevante ? Non.
Reste à savoir sur Metz comment le Centre va prendre sa place dans la culture locale, ce qu’il bouscule, au détriment de quoi il va peut-être prendre sa place, comment il va peser sur les budgets locaux. La décision d’implantation était un acte politique, un pari porté par un ministre qui avait des ambitions locales, Jean-Jacques Aillagon. Le travail fait depuis valide-t-il les intuitions d’alors ? Voilà quelques sujets sur lesquels il faudra bien apporter des réponses, au-delà de l’euphorie du jour.
Philippe PUJAS