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PRÉ-RENTRÉE

PAR Philippe Pujas
mardi 24 août 2010

Atmosphère de pré-rentrée. Le nouveau PDG de France-Télévisions prend ses fonctions, avec le poids écrasant de la procédure de sa nomination. Pour qu’on croie à son indépendance, il est obligé maintenant de faire ses preuves, et de ne pas se contenter du langage lénifiant du premier jour, quand il assurait que l’indépendance était consubstantielle au service public. Hélas, l’Histoire démontre le contraire.

Et puis, surtout, maintenant, il faut affronter la politique dite sécuritaire du gouvernement, qui pose de multiples questions sur le plan culturel. Elle met en cause, d’abord, le socle sur lequel repose la société française depuis les Lumières et la Révolution : l’unité d’une nation composée d’individus égaux et qu’on ne peut trier selon une origine ethnique, religieuse ou autre, et l’universalité d’une pensée qui se veut accueillante. La politique du gouvernement pose avec brutalité la question du traitement de la diversité : doit-elle être comprise mais sans encourager les communautarismes, comment la concilier avec la construction d’une société qui se reconnaît toujours dans les valeurs d’une République une ? les péripéties de ces dernières semaines montrent que la réponse est plus culturelle que policière, et que de l’exaltation des différences à la politique des boucs-émissaires il peut n’y avoir qu’un tout petit pas.

C’est dire que la mise en déshérence de tout ce qu’on appelait autrefois politique culturelle de quartiers est une faute lourde. Cette politique n’était pas facile, supposait de véritables apostolats, mais elle a donné, quand elle était menée avec constance, des résultats indéniables. Menée en parallèle avec une politique économique et sociale, elle reste un des volets indispensables de toute politique de paix.

Philippe PUJAS