Policultures

TERRITOIRES INDUSTRIES ARTS PLASTIQUES SPECTACLE EN BREF NOTES DE LECTURE INTERNATIONAL POLITIQUES PUBLIQUES abonnements

Le prix de la culture

PAR Philippe Poirrier
jeudi 20 octobre 2011

MBONGO Pascal (Dir.), Le prix de la culture. La gratuité au prisme du droit et de l’économie, Mare & Martin, 2011, 206 pages, 21 Euros.

PFLIEGER Sylvie, La culture. A quel prix ?, Ellipses, 2011, 192 pages, 10 Euros.

Deux volumes, aux titres assez proches, se donnent comme ambition d’interroger la question du coût de la culture. La forme privilégiée par ces publications témoigne cependant d’approches légèrement différentes : les actes d’un colloque, tenu en avril 2010 sous l’égide de l’Association française de droit des médias et de la culture pour le premier, proposent des études de cas ; un essai, qui trouve sa place dans la collection « La France de demain » des éditions universitaires Ellipses pour le second, interroge le modèle français de politique culturelle. Un point commun cependant : le regard est celui d’économistes et de juristes de la culture.

Sylvie Pflieger, qui livre aux lecteurs une synthèse claire et informée de la situation, souligne à juste titre que les économistes se sont emparés tardivement des questions de politique culturelle. Il est indéniable qu’aujourd’hui leurs perspectives sont particulièrement précieuses à l’heure de la montée en puissance des industries culturelles, dans le cadre d’une globalisation croissante des économies et des échanges culturels.

Une question centrale affleure dans les deux volumes : comment apprécier les conséquences de la révolution numérique pour les politiques publiques de la culture. Cette révolution numérique concerne à la fois les modalités de la création artistique, les formes de la diffusion et les modalités d’appropriation des modèles culturels. Elle est à l’origine de formes de transaction et de modèles d’affaires de plus en plus sophistiqués. Surtout, l’opposition traditionnelle entre producteurs et diffuseurs est remise en cause par l’existence de nouveaux acteurs : fournisseurs de technologie, prescripteurs et intermédiaires culturelle. Ajoutons que l’Internet fonctionne dans un espace mondialisé qui se fait fi des réglementations nationales. Les défis auxquels sont censés répondre les pouvoirs publics pour continuer à faire vivre un service public de la culture sont considérables.

Ces analyses économiques et juridiques ont le mérite de rendre compte des incertitudes qui pèsent sur l’avenir des politiques publiques de la culture. Elles permettront d’alimenter un débat qui se structure progressivement à la veille d’échéances électorales. Dossiers de revues (1) ou prises de positions plus partisanes (2) témoignent de cette conjoncture.

Voir le dossier en ligne : La politique culturelle en question, Avignon en scène 2011, La Terrasse, revue du spectacle vivant. Juin-juillet 2011. HYPERLINK "http://www.avignon-en-scenes.fr/art..." http://www.avignon-en-scenes.fr/art... HYPERLINK "http://www.journal-laterrasse.fr/pd..." http://www.journal-laterrasse.fr/pd... Voir, par exemple : Emmanuel Wallon, Pour le droit à l’art. Les conditions d’un renouveau de la politique culturelle dans Pour changer de civilisation, Odile Jacob, 2011. En ligne : http://e.wallon.free.fr/spip.php?ar...

Philippe Poirrier