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Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture

PAR Philippe Poirrier
lundi 22 août 2011

Boris GRESILLON, un enjeu "capitale" : Marseille-Provence 2013, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, 2011. 171 pages. 13 Euros.

Le titre de « capitale européenne de la culture », accordé depuis 1985 par l’Union européenne, est devenu en quelques années un label recherché par les élus, à l’heure où la compétition entre les villes se joue à l’échelle internationale. Pourtant, les véritables réussites sont rares, et l’expérience lilloise de 2004 est plutôt une exception.

En septembre 2008, le choix de Marseille pour 2013, aux dépens de Lyon, Toulouse et Bordeaux, avait quelque peu surpris les observateurs. Boris Grésillon, universitaire aixois spécialiste de géographie culturelle, propose, dans un court essai, d’ouvrir ce dossier afin de mieux comprendre les enjeux qui traversent ce projet ambitieux. Marseille avait présenté un solide dossier, monté depuis 2006 par une équipe animée par Bernard Latarget, qui visait à valoriser le dialogue interculturel et artistique entre les deux rives de la Méditerranée. Le soutien de la chambre de commerce et d’industrie, la mobilisation au-delà de la cité phocéenne des villes d’Arles et d’Aix-en-Provence permettaient de mobiliser un budget considérable.

L’auteur analyse avec finesse le jeu des acteurs autour d’un projet qui affiche une étroite synergie entre le politique, l’économique et le culturel. Boris Grésillon ne cache pas les difficultés à surmonter : le retard relatif de Marseille comme métropole culturelle, le retrait de Toulon, la difficile convergence entre le multiculturalisme marseillais et le classicisme arlésien et aixois, la nécessaire pérennisation d’une dynamique au-delà de l’année 2013. Cet ouvrage, qui se lit aisément, constitue une introduction commode qui pourra retenir l’intérêt des acteurs des mondes de l’art et de la culture. En conclusion, Boris Grésillon souligne un enjeu majeur, souvent occulté par les logiques du marketing urbain : « Que la ville capitale culturelle soit le reflet de toute sa population et qu’elle ne soit pas qu’un événement culturel international destiné aux happy-few ».

Philippe Poirrier